Point de croix (broderie) : matériel et accesoires

Le point de croix est une broderie facile à réaliser qui permet d'obtenir rapidement des résultats très décoratifs. Avec un minimum de patience et d'attention, vous apprendre vite à créer avec les fils...Découvrez avant tout le matériel et les instruments dont vous aurez besoin.

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LES TISSUS


Les tissus les plus adaptés à la broderie au point de croix sont ceux à la trame régulière et évidente, garantissant un point proportionné. N’oublions pas que le fond autour des broderies n’étant généralement pas rempli, le tissu n’est jamais entièrement recouvert de points de croix et qu’il doit donc présenter un aspect agréable avant même d’être brodé. Dans les exercices du chapitre suivant, chaque point couvre un petit carré de toile, c’est-à-dire un seul croisement entre un fil de trame et un fil de chaîne. On peut cependant broder un point sur plusieurs croisements de tissu : deux verticaux sur deux horizontaux par exemple, ou encore trois par trois. Le point de croix est en effet la technique la plus connue de broderie, dans laquelle l’on compte les fils du tissu pour calculer la position et la dimension de chaque point. Il est donc important que la trame soit bien visible pour que les fils soient plus faciles à compter.

La toile Aïda est le tissu sur lequel on apprend en général le point de croix. Il s’agit d’une toile de coton, dont on trouve plusieurs versions dans le commerce. Nous utiliserons la toile à 44 trous pour nos exercices : cela signifie que pour 10 centimètres de tissu, il y a environ 44 « quartés » de trous ou, plus simplement, 44 petits carrés. Elle se travaille avec trois brins ; nous n’en utiliserons que deux, afin de ne pas trop remplir les petits trous d’entrée et de sortie et pour permettre de suivre plus facilement les passages. Avec la toile à 44 trous, on obtient des croix assez grandes et par conséquent de grandes broderies avec relativement peu de points.

La toile Aïda à 55 trous se travaille exclusivement avec deux brins. Étant donné qu’elle présente un plus grand nombre de petits carrés dans le même espace (10 centimètres), on obtiendra des croix plus petites. Par conséquent, une broderie ayant le même nombre de points aura des dimensions différentes suivant le tissu travaillé : elle sera plus grande sur une toile Aïda 44 et plus petite et resserrée sur une Aïda 55. Choisissez cette dernière si vous souhaitez obtenir des résultats plus raffinés. Elle existe en plusieurs coloris et hauteurs.

Le point de croix sur lin nécessite une certaine habileté en broderie ; il faut donc s’attaquer à ce tissu après avoir fait ses armes sur des toiles Aïda. Le travail sur ces dernières est plus facile car les trous formés entre les fils de trame et de chaîne sont beaucoup plus évidents, et tout prêts à accueillir les points. Sur le lin en revanche, comme d’ailleurs sur tous les tissus à trame régulière utilisables pour le point de croix, il faut déterminer soimême où positionner les points en comptant les fils et les trous que chaque croix devra occuper. C’est ce que l’on appelle la « broderie à fils comptés ». Dans un premier temps, cela vous paraîtra dur à exécuter, mais les résultats obtenus récompenseront vos efforts. En effet, vous remarquerez rapidement que sur le fond de lin, sans trous ni trame visibles, vos broderies ressortiront mieux. En outre, la souplesse et la légèreté du lin en font un tissu beaucoup mieux adapté que le coton à la réalisation de rideaux, de nappes, de napperons et de chemisettes. On trouve du lin blanc, écru ou brut. Il est conseillé de le travailler avec des fils légers.

La toile d’Assise est un tissu lourd en pur lin également mais avec une trame plus grossière, pouvant être travaillée avec des fils relativement épais.

Les tissus de lin mélangé sont travaillés comme le lin ; il s’agit de tissus fabriqués avec un mélange de lin, à la consistance plus lourde et plus résistante. On les trouve en différents coloris.

L’étamine est une toile de coton assez dense, avec une trame et une chaîne régulières et visibles et donc faciles à broder au point de croix. Il faut la travailler avec des fils légers et de petits points. De la liste des tissus s’adaptant au point de croix sont exclus tous les tissus « sans trame » ou, pour être plus précis, tous ceux dont la trame est si dense qu’elle en est invisible. Faut-il donc renoncer à décorer de nos broderies la popeline, la laine, le velours, le jeans, l’éponge, le feutre et tout ce que notre imagination pourrait nous suggérer ? Certainement pas. Il suffira de fixer sur le tissu à broder un « chiffon de grand-mère » ou sa version plus récente et moderne qui consiste en un morceau de gaze à fils réguliers et rigides. Dans les deux cas, il s’agit tout simplement d’un canevas auxiliaire, qui remplace les fils de trame et de chaîne invisibles sur le tissu lui-même. Ce canevas devra toujours être un peu plus grand que le motif à broder et fixé par des points de bâti sur le tissu à travailler, en veillant à ce qu’il soit bien tendu. La broderie s’exécute à travers la gaze et la toile de fond, avec un point légèrement plus serré que d’habitude. Une fois le travail terminé, on enlève le canevas en défaisant un par un tous les fils de trame et de chaîne à l’aide d’une petite pince. Il existe aussi dans le commerce de nombreux modèles « prêts à broder » comportant des espaces appropriés pour le point de croix. On trouve par exemple des nappes et des rideaux agrémentés de petits carrés, d’ovales ou de losanges en toile Aïda, des serviettes avec des bordures à finir au point de croix, des bavoirs, des tabliers, des gants de cuisine, des torchons prêts à être personnalisés avec vos broderies. Les bordures sont aussi des accessoires très utiles, qu’on peut employer de multiples façons : elles sont de différentes hauteurs, en toile Aïda ou en lin, mais aussi en étamine. Elles sont déjà ourlées et disponibles dans différentes couleurs : blanc bordé de bleu marine ou bleu clair, rouge, ou rose. On peut les utiliser de différentes manières : les appliquer sur des draps, des serviettes de bain, des torchons de cuisine, ou bien en décoration sur un panier en osier. En quelques points de couture, on peut transformer les plus hautes en petits sachets ou en étuis à lunettes.

LES FILS


Pour bien réussir une broderie, il faut toujours utiliser des fils de bonne qualité, qui ne s’effilochent pas et ne perdent pas leur couleur au premier lavage. La fibre la plus utilisée pour le point de croix est de toute évidence le coton. On en distingue différents types, en fonction du nombre de brins et du type de torsion. Le numéro indique le coloris de l’écheveau qui se compose de plusieurs brins tressés. Quant à la torsion, elle permet plus ou moins une séparation des brins.

Le coton mouliné, à l’aspect agréablement brillant, est le plus utilisé pour le travail au point de croix. Peu retors et formé de six brins faciles à séparer, on peut en utiliser différents types. Le type de fil et le nombre de brins sont choisis en fonction de la consistance et de la trame du tissu sur lequel on travaille : pour bien passer entre les trous, le brin ne doit jamais être plus gros que les fils de la trame elle-même.

Le coton perlé est un fil plus brillant, très retors et disponible en différentes grosseurs.

Le coton lainé, opaque et retors, doux mais résistant, est approprié pour les travaux plus « rustiques » : nappes en gros drap, coussins, revêtements pour repose pied. Les broderies les plus raffinées s’obtiennent en travaillant avec de la soie sur des tissus légers à la trame serrée. Utilisez-la uniquement quand vous aurez acquis une certaine habileté car il s’agit d’un fil plus coûteux que les autres et qui s’entortille très facilement. L’aspect le plus amusant de la sélection des fils est le choix et l’association des couleurs. Acheter des écheveaux pour un ouvrage pour lequel l’on ne dispose que d’un diagramme en noir et blanc est déjà un plaisir en soi. Laissez vous guider par votre goût et votre créativité, vous verrez à quel point cela est gratifiant !

LE CADRE


Même s’il peut vous paraître encombrant, le cadre est un instrument utile, surtout pour effectuer des travaux de grande dimension comme les draps, les nappes et les rideaux. Vous pouvez naturellement vous en passer si vous brodez des échantillons de tissu de petite ou moyenne taille : par exemple, un marque-page, un petit sac, le coin d’une carte de voeux. Même les serviettes, les mouchoirs et les torchons peuvent être bien travaillés sans utiliser de cadre. Une belle broderie se reconnaît à la régularité de ses points : le cadre est justement utile parce qu’il maintient les fils de trame et de chaîne à angle droit. Si le tissu est bien tendu, la trame ne se déformera pas et l’étoffe ne se froissera pas. Lorsque vous devez broder sur des trous déjà occupés par d’autres points, il n’est pas facile de centrer le trou : dans certains cas, l’on s’emmêle dans les fils des points de croix déjà exécutés ou bien l’on troue la toile en créant de petites perforations là où il ne devrait pas y en avoir. Le cadre peut être d’une aide précieuse dans ce cas : sur un tissu bien immobilisé et tendu, les trous restent bien visibles et l’on peut travailler plus rapidement. Dans le commerce, on trouve des cadres de différentes formes et dimensions, dotés de piédestal d’appui, de façon à laisser vos deux mains libres. Les cadres ronds ou à tambour sont composés de deux cercles, l’un rentrant dans l’autre. Le tissu est tendu entre les deux cercles fixés par une vis de réglage latérale. Pour les ouvrages plus grands, comme les nappes, les draps ou les rideaux, et dans le cas où il faut broder les bordures des tissus, on préférera les cadres rectangulaires. Pour les travaux moins raffinés ou pour des premières tentatives, vous pouvez faire fixer le tissu par un menuisier ou un tapissier, directement sur un cadre de bois, à l’aide de simples pointes métalliques.

AIGUILLES ET ACCESSOIRES


On trouve dans le commerce des aiguilles de différentes tailles : celles utilisées pour la broderie au point de croix présentent une pointe arrondie. Vous devrez les choisir suivant le type de tissu et de fil avec lequel vous travaillerez. Les aiguilles les plus grosses sont bien évidemment adaptées aux tissus rustiques et résistants, à la trame évidente et aux trous larges, les plus fines sont à utiliser avec le lin et la soie. Les aiguilles numéro 24 sont les plus utilisées, tant sur la toile Aïda à 44 trous que sur celle à 55 ou à 70 trous. Les aiguilles pointues peuvent passer dans des trous très étroits et permettent de mieux cacher les fils, mais elles nécessitent une main experte, car elles trouent le tissu. Pour faciliter votre travail, vous pouvez vous procurer d’autres accessoires.

• Tout d’abord, une paire de petits ciseaux à pointes arrondies est indispensable, ainsi qu’une paire de ciseaux plus grands pour couper le tissu.

• Des travaux longs à exécuter risquent de vous faire mal aux doigts ; dans ce cas, utilisez un dé à coudre classique pour la main qui travaille et protégez l’index de l’autre main, sur lequel vous tendez le tissu, avec un protège-doigt en plastique.

• Un enfile-aiguille peut également s’avérer utile, surtout lorsqu’on travaille avec des fils très fins ou, au contraire, avec de nombreux brins se séparant très facilement. Il s’agit d’un petit instrument en métal ou en plastique, doté d’un oeillet en losange à l’une de ses extrémités. On l’utilise en faisant passer l’oeillet par le chas de l’aiguille, et en plaçant ensuite le fil dans l’oeillet. À ce stade, il suffira de refaire passer l’oeillet dans le chas de l’aiguille pour qu’il entraîne le fil avec lui. Si vous perdez votre instrument ou que vous n’en possédez pas, vous pouvez en fabriquer un de manière artisanale, mais tout aussi efficace. Découpez une petite bande de papier de 5 cm de long environ, et d’une largeur à peu près équivalente à celle du chas de l’aiguille : elle doit être assez étroite pour passer par le chas. Renfermez l’extrémité de l’aiguillée dans la bande de papier pliée en deux et enfilez-la dans le chas de l’aiguille en serrant ensemble le fil et le papier.

• Pour ne pas vous fatiguer la vue (ou pour y voir plus clair) pendant que vous brodez les points les plus petits sur les tissus à trame très serrée, vous pouvez utiliser une loupe d’agrandissement, très pratique parce qu’on la porte autour du cou et qu’elle laisse donc les mains libres.

• Les aiguilles possèdent la propriété agaçante de disparaître au moment où l’on en a besoin. Il faut donc toujours en avoir une en réserve, mais aussi se procurer un coussinet à aiguilles, ou bien, pour les plus modernes, un aimant, disponible sous forme de broche qu’on peut fixer à son vêtement. Avec ces accessoires, vous pouvez préparer à l’avance des aiguilles avec des fils de différents coloris et passer de l’une à l’autre plus facilement.


CONSEILS

• Si le tissu est délicat, pour éviter que les cercles du cadre puissent marquer ou tacher votre travail, protégez-le en mettant du papier de soie entre le tissu et le cadre.

• Ne laissez pas votre travail trop longtemps dans le cadre. À la fin de chaque phase de travail de broderie, si vous ne prévoyez pas de recommencer tout de suite, desserrez la vis de réglage pour éviter que le tissu ne soit irrémédiablement froissé Lorsque vous interrompez votre travail, évitez de laisser l’aiguille piquée dans votre ouvrage : vous pourriez en élargir les trous ou le déformer.